DROMFit est officiellement une société coopérative.

Le 27 février 2020, DROMFit a fait le choix de se transformer en société coopérative.
 
Le choix de la forme de Société coopérative de production constitue une adhésion à des valeurs coopératives fondamentales :
 
  • la prééminence de la personne humaine ;
  • la démocratie ;
  • la solidarité et le partage.
 
Je vais vous présenter les grands axes principaux qui composent la société coopérative DROMFit.
1- Notre Société coopérative est composée en priorité de coopérateurs salariés qui développent en commun leurs activités professionnelles et leur indépendance économique.
 
Chez nous, un salarié en CDI a pour vocation de devenir associé.
 
Ensemble nous constituons un bien social, ensemble nous répartissons les profits quand il y en a, ensemble nous devons construire ce bien en y apportant du capital puis notre travail.
 
Un salarié en CDI a un an pour déposer sa candidature pour devenir associé. S’il ne le fait pas, cela pourra être un motif de rupture du contrat de travail. Ce salarié s’engagera à apporter la somme de 5 000 euros au capital. Le capital minimum à initialement apporter sera de 100 euros. Ce dernier aura 4 ans pour apporter le montant total de 5 000 euros.
Tant qu’il n’a pas apporté ce montant, ses potentiels dividendes et participations seront directement injectées au capital de la société. 3% de son salaire brut sera également automatiquement apporté en capital jusqu’à arriver à l’objectif de 5 000 euros.
 
Ce capital ne peut pas prendre de valeur. Si un associé décide de quitter la société, son capital lui sera remboursé à la valeur nominale.
 
A la fin de chaque année fiscale, chaque associé se verra donné la possibilité d’apporter 10% de capital en plus de ce qu’il possède déjà.
2- L’organisation et le fonctionnement de notre Société coopérative assurent la démocratie dans l’entreprise et la transparence de sa gestion.
 
Dans le système capitaliste, c’est votre pourcentage de détention du capital social qui détermine vos droits de vote. Ce n’est pas un système qui nous convient et c’est pour cela qu’on a décidé de le changer.
 
Pour rappel, en France, de 1815 à 1848, les 1% des plus riches avaient accès au vote et 0.1% des plus riches pouvaient se présenter aux élections.
Source : site Philisto
 
Dans notre société coopérative, un associé = une voix. Votre niveau de capital détenu ne pourra aucunement vous donner plus de pouvoir.
Ce droit de vote pour permettra, lors de l’assemblée générale ordinaire annuelle de voter pour la répartition du résultat mais aussi pour élire la gérance de l’entreprise pour un mandat de 4 ans. Lors de notre assemblée du 27 février, c’est moi (Kevin COULM), co-fondateur de la société qui ai reçu la responsabilité de gérer la société pour les 4 prochaines années. (Il n’y a pas de limite de mandats)
 
La transparence ? car chaque associé aura accès, lors de l’assemblée annuelle, à l’ensemble des comptes, au rapport de gestion, etc.
Une société traditionnelle sépare les travailleurs et les moyens de production. Ces travailleurs font généralement face à un mur opaque et il s’avère très difficile de comprendre comment est répartie la valeur créée par le travail collectif.
 
Cette transformation en société coopérative c’est peut être aussi, ou peut être principalement pour sortir du rapport social proposé par le capitalisme.
La subordination, par définition : le fait d’être soumis (par une autorité) va à l’encontre de nos valeurs fondamentales. Il y a plusieurs années nous avons défini comme un de nos principes fondateurs :
 
Fais le parce que tu en as envie.
 
Aussi simple que ça puisse paraître.
Quand on est soumis à une autorité on ne fait pas ce que l’on veut. Notre fonctionnement a jusqu’à présent vraiment transpiré ce schéma de pensée : les horaires sont assez libres chez nous, il y n’a pas d’ordres et on rigole beaucoup.
En dressant ce tableau, vous imaginez peut être une bande d’anarchistes aucunement productifs ni compétitifs. Notre ambition c’est peut être de prouver le contraire sur le long terme et à plus grande échelle.
 
Forcément, dans ce sytème nous avons eu des gens qui en ont profité pour se la couler douce. Ils ont profité de cet environnement pour se reposer sur le travail du groupe; temporairement, car ils n’ont été que de passage. En plus que de n’avoir été que de passage, ils se sont mis un collectif à dos, sans aucune violence physique ou verbale. Ils ont simplement ressenti toute une organisation leur tourner le dos et continuer à construire quelque chose ensemble. Et ça c’était beau !
 
Le jargon du monde de l'entreprise ne nous plait pas car il est marqué par la domination capitaliste. Au lieu de ça, on préfère se donner des noms d’oiseaux et de Pokémons ou de se qualifier de druides, sûrement pour fuir un système qui nous était destiné.
 
J’aime penser à l’idée que des membres d’un orchestre ne jouent pas dans ce groupe à cause d’un lien de subordination, mais parce qu’ils en ont envie.
Cela n’enlève en rien au fait que le chef d’orchestre donne la direction dans ce groupe.
Mais quand on évoque le mot "orchestre", on a beaucoup moins la vision d’image pyramidale qu'avec le mot "entreprise". On imagine plus une organisation horizontale, où les gens se respectent, où chacun a des compétences différentes, a un respect de l’institution et du collectif, où on a désigné un chef d’orchestre pour mettre ces talents en musique.
 
Et puis sans déconner, c’est pas beaucoup plus stylé d’être un chef d’orchestre qu’un CEO ?
 
Le sport collectif est également un environnement qui nous attire beaucoup plus que celui de l’entreprise traditionnelle. On y retrouve très peu les notions de subordination mais plutôt de solidarité, de la cohésion. Il y a une ou plusieurs têtes pensantes que l’on respecte mais tout autant que le staff ou les joueurs.
L’envie d’être compétitif apporte des tensions dans le collectif et un bon groupe arrive à franchir ces difficultés et à perdurer dans le temps.
 
Au sujet de ces formes d’organisation qui donnent naissance à différentes formes d’intelligences collectives, j’aime beaucoup le travail et l’approche de Jean-François Noubel. Source :  site noubel.com
3- Le partage du résultat de notre Société coopérative assure une répartition équitable entre la part revenant aux salariés, la part revenant au capital social et la part revenant aux réserves de l’entreprise.
 
Historiquement, le résultat (c’est à dire, le surplus de production qu’on a une fois que l’on a tout payé à la fin d’un exercice fiscal), est donné en immense majorité, si ce n’est en totalité aux actionnaires, c’est à dire les détenteurs des moyens de production (Au capital). Les travailleurs, eux, sont séparés des produits de la production et ne sont, la plupart du temps, pas intégré dans la répartition du résultat.
 
Dans notre cas, lors de chaque assemblée générale annuelle, nous voterons pour une répartition du résultat qui devra obligatoirement tenir compte des paramètres suivants :
 
  • Au moins 16% du résultat sera affecté aux réserves de l’entreprise (Solidité financière de la société, capacité d’investissement future)
  • Au moins 25% du résultat sera distribué à tous les travailleurs de l’exercice fiscal (proportionnellement à leur temps de travail sur la période), qu’ils soient apprentis, en CDD ou en CDI.
  • Les dividendes (la part du résultat qui est distribuée aux associés, proportionnellement à leur détention du capital) ne pourra excéder la part affectée aux réserves, ni la part affectée aux travailleurs(elle sera donc toujours, au maximum, inférieure ou égale à 33% du bénéfice).
4- Le patrimoine commun de notre Société coopérative est constitué de réserves impartageables permettant l’indépendance de l’entreprise et sa transmission solidaire entre générations de coopérateurs.

De par sa volonté sociale et commune, la société coopérative met l’accent sur les réserves.

La vie d’une société n’est pas un long fleuve tranquille, elle est faite de hauts et de bas, de belles et de mauvaises années de production. Dans ce contexte qui parle à tout le monde, il apparait essentiel de renforcer continuellement les réserves de l’entreprise.

Dans une société traditionnelle, il y a une obligation légale d’affecter au moins 5% de son résultat à cette réserve, jusqu’à arriver à 10% du montant du capital social.
Cela parait très faible.

Dans une société coopérative, c’est 16% qui doivent au minimum être affecté, jusqu’à arriver à 100% du montant du capital social.

Simplement parce que l’on considère que c’est un bien commun et qu’il faut le sacraliser, pas trop l’affaiblir pour nos intérêts d’aujourd’hui mais le consolider pour les jours pluvieux à venir et pour les prochaines générations.

Autre différence fondamentale concernant la réserve de notre société coopérative avec notre réserve d’avant, c’est que cette dernière est désormais impartageable. Cela va vous paraitre absurde, mais dans la plupart des sociétés, par une opération comptable, vous pouvez transférer la réserve vers le capital social de l'entreprise. Ceci affaiblira considérablement la société mais permettra de revendre la société bien plus cher.
Vous voyez aisément la tentation qui peut surgir pour les actionnaires d’une société.
Et c’est malheureusement souvent ce qui se passe, en totale opacité évidemment.

Si l'on considère l’entreprise comme un bien commun, il faut imaginer que le départ des actuels propriétaires majeurs ne causera pas la perdition de cette organisation.
 
Sur ces belles paroles, nous retournons aux fourneaux.
Kevin COULM